Glauquitude

Glauquitude

Je me suis retrouvée dans un tout petit bureau de commissariat, face à une femme. Un agent, homme, était également présent. J’avais les bébés avec moi, pas le choix. Elle m’explique les faits :
– il dit que vous l’avez frappé fort après une engueulade
– non, je ne l’ai pas frappé fort, je lui ai mis une tape dans le dos
– il dit que vous l’avez menacé
– oui, je lui ai dit que si j’avais été un mec, je lui aurais pété la gueule.
Elle a ri, et m’a dit : je comprends. Je lui ai dit que j’assumais et s’il fallait le répéter, je lui dirais encore.
– Il dit que ce n’est pas la première fois, que cet hiver vous dormiez ensemble et vous l’avez frappé dans les jambes.
– N’importe quoi, les bébés dormaient dans notre chambre à l’époque, et comme il ronflait fort et que j’avais peur qu’il réveille les bébés, je lui ai mis des coups dans les jambes pour qu’il arrête.
– Il y a autre chose : il a apporté des enregistrements, 5 mp3 qu’il nous apporté sur une clé usb.
– Comment ? Mais pour quoi faire ? qu’est ce que c’est que ces enregistrements ?
– Des scènes de la vie quotidienne : une engueulade où vous lui dites encore que si vous aviez été un mec vous lui péteriez la gueule, des enregistrements avec les enfants. On entend pas grand chose à vrai dire. Et puis je vous avoue que je trouve ça…
– Glauque oui ! il a perdu la tête ! Mais qu’est ce qu’il me veut ? pourquoi il fait ça ? pour me nuire ?

Elle n’a pas su me répondre, elle m’a dit que c’était de toute façon pas recevables comme éléments et qu’elle ne les retiendrait pas au dossier. Je lui ai raconté mon histoire, elle m’a dit qu’elle comprenait et qu’elle ne voyait rien contre moi. Que l’affaire serait probablement classée. Elle m’a annoncé qu’il avait en effet avoué avoir des photos porno sur son ordi et son téléphone.
Je lui ai dit qu’il en avait oui et que j’avais découvert des photos de jeunes femmes nues sur son téléphone, en octobre, quand les bébés étaient en néonat. Que c’était choquant de trouver des photos de nos bébés au milieu de ces photos écœurantes. Que je lui avais dit qu’elles étaient très jeunes, et que ça pouvait être nos nièces de 20 ans ces filles ! Elle m’a demandé si elles étaient mineurs : je lui ai dit que je ne savais pas, que je ne pouvais pas mentir, qu’aujourd’hui une gamine de 16 ans en parait 20. Qu’elles pouvaient être mineurs mais peut-être pas. Elle m’a dit que les hommes avaient le droit « d’avoir une passion » pour le porno, que ce n’était pas un délit. Je lui ai dit que ce qui était choquant, c’est qu’il est enseignant au collège, que ce n’était pas normal d’échanger des sms torrides avec une ancienne élève, et que des photos, il y en avait des centaines. Elle m’a conseillé de prendre rdv avec l’assistante sociale du commissariat.
L’après-midi même, elle me rappelait pour me dire que l’affaire était classée sans suite, qu’il fallait que nous calmions : je lui ai dit qu’il était parti, mais qu’il avait les clés et qu’il pouvait venir quand il veut et que j’avais peur. Elle m’a répondu qu’il était chez lui et qu’il avait donc le droit.

J’ai rencontré l’assistante sociale du commissariat : rdv difficile car il a fallu que je raconte tout à nouveau. Elle a été très dure envers lui :
– c’est un salopard ce type. Il se pose en victime alors que c’est lui le responsable. C’est plus facile de passer pour une victime auprès de son entourage que de ne pas assumer sa paternité. C’est plus facile de dire aux autres « je suis parti car elle me faisait du mal », plutôt que « je suis parti car je ne veux pas gérer les enfants ».  Et puis ce n’est pas normal que son élève ait son numéro de tél. Jamais un enseignant ne donne son numéro perso. Elle m’a conseillé de prendre un avocat, de porter plainte contre lui pour ces enregistrements, d’aller voir mon généraliste pour faire constater cette violence morale, cette perte de poids, et peut-être même avoir des itt psychologiques. Elle m’a dit que les itt étaient très importantes pour le juge.

J’ai donc porter plainte : enfin non, je n’ai pas pu car comme il n’avait pas diffusé ces enregistrements, qu’il ne les avait fourni qu’à la police, il n’y avait pas de délit. Je ne pouvais donc que déposer une main courante. C’est ce que j’ai fait.
Je vais essayer d’aller voir mon médecin demain. Ce sont autant de documents qui me serviront auprès du juge.
Je le vois tous les jours car il veut voir les enfants. Je lui les laisse 1h ou 2 pour une balade, pas le choix. Je lui ai demandé ce qu’il comptait faire avec les enfants : il m’a dit qu’il voyait son avocate la semaine prochaine et qu’il en saurait plus. J’ai voulu prendre un avocat : celle que j’ai appelé, spécialiste en droit de la famille, prenait 250 euros de l’heure. Ca m’a calmé. Je vais voir ce qu’il demande et j’aviserai : je prendrai alors ou non un avocat.
Il est venu avec sa mère l’autre jour : c’est une vieille dame de plus de 85 ans avec qui je m’entendais plutôt bien. Je lui ai demandé si elle était au courant pour sa plainte : elle m’a dit que ça ne la regardait pas. Et pour les enregistrements ? elle ne semblait pas au courant mais m’a répété que ça ne la regardait pas. Je lui ai dit que ça la regardait, qu’il s’agissait de son fils, que c’était de sa responsabilité de mère, que si elle et sa soeur ne prenaient pas leurs responsabilités, elles en tireraient les conséquences. J’ai ajouté que dorénavant je ne voulais plus entendre parler d’elle.

J’ai l’impression de vivre un cauchemar. Je pense qu’il ne demandera pas la garde des enfants, mais je n’imagine même pas lui laisser les bébés plus de 2h pour une balade. Je ne vois pas comment il peut les gérer : il est instable mentalement, immature, porno addict, parano, et ne s’est jamais préoccupé du bien être et de l’intérêt des enfants, jamais.
Je ne comprends surtout pas ce qu’il me veut : pourquoi faire tout ça aujourd’hui alors qu’il n’a jamais voulu les enfants ? Pour se donner bonne figure comme disait l’assistante sociale.

 

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Une tape dans le dos

Une tape dans le dos

Ces 10 mois avec les bébés se sont bien passés. Pas de maladie, pas de souci particulier. Ils vont bien, mangent bien, grandissent bien. Ils sont beaux, et je suis fière et admirative de leurs progrès au quotidien. Déjà plus de 10 mois de bonheur. Bien sur, il y a des jours où tout est difficile, où je cris beaucoup, où ils pleurent beaucoup. Mais on oublie vite. J’ai repris le travail en juin. Je souhaitais prendre un congé parental mais mon homme n’était pas d’accord pour « payer » pour moi. Pas d’asmat, ni de crèche. J’ai donc trouvé une nounou à domicile. Une jeune fille très sympa, qui travaillait en crèche, mais qui est en reconversion pro et donc dispo. Ah oui j’oubliais : rien ne va depuis la naissance des bébés. Non, pas tout à fait : depuis qu’il a repris le travail. Il a décidé de ne plus se lever la nuit quand il travaille : normal, il « travaille » lui ! Mais finalement il ne s’est jamais plus levé la nuit. Ni les week-ends, ni les vacances de Noel, jamais. Une nuit, il s’est couché à 3h du mat, puait la cigarette et m’a donc réveillé : je l’ai viré en lui disant qu’il n’avait pas honte de se coucher aussi tard (il se couche toujours très tard, reste devant la tv et son ordi), qu’il n’avait aucun respect pour moi qui me levait tot. Il est allé dormir dans une autre chambre. J’ai donc décidé de faire chambre à part. Puis quand sa mère est partie en vacances, il est allé dormir chez elle. Il venait quand il voulait voir les enfants, il donnait un biberon ou pas. A la carte. Je m’occupe donc des bébés h24. Pas une minute de répit, personne pour prendre la relève. J’ai perdu énormément de poids, je n’ai que la peau sur les os. Je dors peu aussi forcément. Mon homme m’a usé, abimé. Depuis la grossesse, il n’a aucune pitié, aucune compassion pour moi. Il me voit fondre et ne fait rien. Il ne m’aide pas : ni ménage, ni course, rien. Il est même devenu radin. C’est fou, quand je lui ai demandé un jour de m’acheter des vitamines pour les bébés, il m’a dit texto : j’ai payé, je récupérerai sur notre compte. 2 ou 3 euros le flacon ! Une honte ! Il fait tout moitié moitié. Un jour, je reçois une lettre de son avocate qui me dit de prendre un avocat également pour régler notre séparation. Ca m’a fait un choc ! Je lui ai dit que je ne prendrai pas d’avocat, que je n’avais pas d’argent a dépenser la dedans, que s’il voulait partir, qu’il parte, avec la moitié de tout, l’argent de l’avocat je le garde pour acheter ce qu’il manquera. Il voulait aussi un droit de garde. Pouvoir les récupérer en fin de journée et les ramener chez moi jusqu’à ce que je prenne la relève. Je lui ai dit que ça ne se passait pas comme ça. Chez moi, ce sera chez moi, et il n’y mettra pas les pieds. Que les bébés étaient trop petits pour tout ces chamboulements. Qu’il pourrait les voir de temps en temps en balade. Du coup, il a réfléchi et est revenu en arrière. Finalement il veut bien rester. Mais quelques jours plus tard, rebelote. Rien ne va plus. Je ne peux pas rester avec quelqu’un qui ne fait RIEN. Qui ne m’aide pas, jamais. Qui ne fait ni ménage, ni course, ni repas, ni bain, ni nuit. RIEN. Qui ne m’apporte pas le soutien ni l’affection dont j’ai besoin, dont les enfants ont besoin même ! Il se nourrit de plats surgelés individuels Picard qu’il achète en quantité. Une fois les bébés couchés, j’ai à peine le courage de me faire à manger : j’avale une bricole, une douche et au lit. Suis si épuisée. Il n’a jamais pris la relève dans ces moments là. Préparer quelque chose à manger pendant que je gérais les bains. Non, jamais.
Cet été, j’avais réservé une semaine de vacances dans un club de vacances familial en pension complète dans le sud de la France. Je me suis dit que c’était un bon test, une sorte de dernière chance. Ca a été une catastrophe. La même chose qu’à la maison mais en pire : il ne faisait toujours rien, ne se réveillait pas la nuit non plus (de toute façon ils ne les entend pas les bébés tellement il ronfle), pas de bain, rien. Si ! se baigner un quart d’heure avec l’un ou l’autre des bébés en fin de journée : ça oui. Que les moments plaisir. Je lui ai dit que moi aussi je rêverais de n’avoir que ces moments de plaisir, de bonheur, de joie avec les enfants : pas de crise, pas de larmes. Ce serait chouette. Mais il ne comprend pas : pour lui ça aussi c’est gérer les enfants. Pour l’anecdote, il a même fait tomber ma poupette en vacances : enfin non, je l’ai posé sur son lit à lui, et je lui ai dit de la surveiller 2mn. Il ne l’a pas fait et elle est tombée. J’ai cru mourir. J’ai cru qu’elle allait se casser en mille morceaux ma chérie. Non, elle a pleuré un bon coup, mais ca a été. Même pas fichu de faire attention à sa fille. Du coup, les vacances étaient si désastreuses qu’on est rentré 2j plus tôt. Il est parti dormir chez sa mère qui est pourtant revenue de vacances. Il dort sur le canapé du salon surement. Une après-midi, il y a quelques jours, il m’a dit : ça y est, j’ai pris un appart. Il avait un sourire au lèvres. Tout content de sa décision. Il fait ses cartons en ce moment. Nous allons vendre l’appart. Ou alors je rachète sa part. Je ne sais pas si je vais pouvoir, si j’en ai les moyens. Rallonger le crédit, réduire les mensualités, rembourser son apport. Compliqué. Je regarde aussi les locations. Peu de choix. Je dois me limiter à un secteur précis car mes trésors ont une place en crèche fin aout. Je ne veux pas m’éloigner. J’attends de savoir combien il compte me donner de pension alimentaire aussi. Ca peut m’aider dans mes choix. Mais il dit ne pas y avoir réfléchi encore. Je serre les poings et j’attends. J’essaie de faire bonne figure. Je me dit qu’il ne sera bientôt plus là, que nous allons enfin pouvoir vivre heureux, dans le bonheur, la joie et plus voir sa tête de déprimé tous les jours.
Mais rien ne se passe comme prévu. Lundi après midi, j’écoute un message sur mon portable : allo ici le commissariat, nous avons une plainte qui a été déposé contre vous, merci de prendre contact avec nous au plus vite.

Je me suis tout de suite dit que les voisins se sont plaint car parfois les bébés crient fort. Ils pensent peut-être que je les maltraite ? Il était là, alors je lui demande s’il est au courant. Il me dit oui en hésitant. « Oui c’est moi qui suis allé porter plainte contre toi, car pendant les vacances tu m’as frappé ». Frappé ? Je lui ai mi une tape parce qu’il se moquait encore de mes remarques sur le fait qu’il ne m’aide en rien avec les bébés : il m’avait dit « et blablabla et blablabla, toujours le même refrain ». Alors je lui ai donné une tape dans le dos. Je lui avait même dit que si j’avais été un mec, je lui pétais la gueule. J’étais désemparée, effrayée et furieuse. Je me suis demandée si un jour tout cela allait s’arrêter. Les tromperies, les violences verbales, cette sorte de harcèlement. Je lui ai demandé s’il voulait la guerre. Quand va-t-il s’arrêter ? jusqu’à quand va-t-il me torturer ? Je lui ai dit qu’il n’était pas un connard, non le connard c’est le voisin qui fait tourner son lave linge à 6h du matin. Non, je lui ai dit que lui c’était une ordure, que j’avais honte qu’il soit le père de mes enfants, que j’avais honte d’avoir été avec lui, que je me sentais sale. Une vraie ordure.
J’ai rdv demain matin au commissariat.

Mes merveilles

Mes merveilles

Mes merveilles sont là depuis le dimanche 9 octobre. Oui, mes bébés ont décidé d’arriver plus tôt. Un dimanche tranquille, ensoleillé, qui nous a fait appeler les pompiers vers 14h. Ils sont nés 3h plus tard. Mes deux miracles ont passé une dizaine de jour en néonat parce qu’ils étaient petits et pour les garder sous surveillance. Aujourd’hui ils sont à la maison et j’ai encore du mal à réaliser tout ce bonheur. Je les câline, je les respire, je les regarde sans arrêt. Ils sont sages comme tout et je n’aurai jamais imaginé pouvoir aimer autant. Je pense bien à vous et je vous embrasse bien fort ❤ .

 

Le Saint Graal

Le Saint Graal

Je viens vous donner quelques nouvelles. Un peu en vrac, désolée. J’espère que vous comprendrez.
Le début de grossesse a été classique. Les premières semaines, je n’ai rien senti, ni ressenti. J’avais du mal à croire que cette fiv ait fonctionné. J’ai ensuite eu quelques nausées, un odorat surdéveloppé, mais juste 2 ou 3 vomissements. J’ai du arrêté le café que je ne pouvais plus « sentir ». J’ai dévoré tomates, crudités et fruits en quantités astronomiques. Et des olives par kilo. La grossesse se passe très bien. Pas de problème, rien. Les analyses de sang et d’urine faites chaque mois sont nickelles. J’ai pris du ventre seulement. J’en suis à 7 kg pour le 7e mois. Le doc me dit que c’est parfait. Est-ce que je vous ai dit que j’attendais un garçon et une fille ? Oui, c’est le bonheur. Enfin, ça ressemble au bonheur.
Parce qu’en fait ça ne va pas. Pas du coté des bébés. Non, ils vont bien, comme je le disais. Mais du coté de mon couple.

Depuis le début de la grossesse, je ne me sens pas soutenue, aidée et aimée. J’ai l’impression qu’il ne les veut pas ces enfants. Il m’avait promis d’arrêter de fumer si ça fonctionnait. Non, même pas essayé. Je le saoule dès que je fais une remarque : certaines odeurs m’insupportent, je le saoule. Je fais une fixette dit-il. Il ne m’a pas fêté mon anniversaire. Juste un sms : « Bon anniversaire. Bisous ». Pas de cadeau, pas de resto, rien. Dire que j’en ai fait des tonnes pour lui en janvier. Notre anniversaire de rencontre non plus est passé à la trappe. Idem, juste « Bon anniversaire ».
Je sais qu’une grossesse vient bouleverser la vie d’un homme. Fini de larver. Fini d’être la priorité. Lorsque je lui ai dit que peut-être on transformera son bureau pour en faire une 2è chambre pour les enfants cet hiver, il n’a pas accepté. Incroyable. Je suis sortie de mes gonds. Trop c’est trop. Je lui ai dit que mes petits bouts étaient ma priorité dorénavant. Cet appart, j’en ai la moitié tout comme lui !
C’est peu de choses me direz-vous. Des crises de femme enceinte, pleine d’hormones et hypersensible. Les sms que j’ai trouvé sur son téléphone hier matin ne sont pas de la sensiblerie non. Des échanges avec une fille de 21 ans (je rappelle qu’il a 45 ans) : je vous passerai les détails. C’était très chaud, sexuellement parlant j’entends.
J’entendais mon coeur battre à mille à l’heure. Le silence. Et mon coeur qui cognait fort. J’ai cru m’évanouir. Quand il s’est levé, je lui en ai parlé. Il m’a dit : « d’accord, j’ai encore le mauvais rôle ». Que c’est normal vue la situation. Qu’il se sentait délaissé. Que c’est que du virtuel, même s’il connait cette fille. Que rien ne s’est pas passé en vrai. J’étais démolie.
J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. J’avais du mal à croire que ça m’arrivait. A moi. Enceinte. Avec un ventre énorme. Je suis sortie l’après-midi prendre l’air.
Aujourd’hui il s’est excusé. Il m’a dit « j’ai déconné grave, je veux faire en sorte que ça fonctionne ». Il y a quelques semaines, j’avais essayé de lui parler, de savoir pourquoi il était si mal. Est-ce qu’il en avait marre ? Il m’a dit qu’il ne savait pas s’il voulait continuer avec moi. Aujourd’hui, alors que j’ai trouvé ces sms, il veut rester. Pourquoi ?
Je suis anéantie. Je ne sais pas quoi faire. On est dans cet appart depuis janvier. Faut-il déjà vendre ? Prendre un appart plus petit ? me retrouver toute seule avec mes deux loulous ? Pauvres bébés qui n’ont rien demandé. Mais ai-je le choix ? Rester ? Ne plus avoir confiance mais rester quand même pour les enfants ? Ou essayer de reconstruire quelque chose ? Mais est-ce que je peux ? il veut qu’on prenne quelques jours de vacances pour en parler et reconstruire quelque chose. Mais je ne vois que ces sms qui défilent sous mes yeux, sans cesse. Je ne fais que pleurer.
Est-ce qu’il se rend compte de la situation et de tout ce qu’il va perdre ?  Peut-être que c’est ça qu’il réalise : vendre l’appart, se retrouver à devoir payer une pension pour 2 enfants… des conséquences lourdes.
Quand je lis vos posts, que je vois vos difficultés à avoir cet enfant si désiré, je suis si peinée mais si pleine d’envie devant vos hommes si aimants, si doux, si attentionnés. C’est tellement important de se sentir aimé, surtout dans nos parcours difficiles.
Moi qui croyais avoir presque atteint le Graal…

L’attente

L’attente

Presque 3 semaines déjà depuis les résultats. 3 prises de sang positives. Puis j’ai arrêté d’en faire. Le Professeur qui me suit m’a dit de prendre contact avec un gynéco : vous n’êtes plus en PMA maintenant, vous devez être suivie pour votre grossesse. Je mets quelques instants à comprendre. Je suis perdue. Tous mes repères, c’est en pma que je les ai ! Je n’y comprends rien moi à la grossesse.
Je prends quelques jours pour trouver un médecin. Après de nombreuses recherches, j’appelle le secrétariat du chef de l’obstétrique. C’est un ponte, un spécialiste des grossesses à risque. Je décide de prendre rdv en consultation privée : + chère mais surtout + rapide. Rdv pris pour le 30 mars. Sa secrétaire me dit que j’en suis déjà à près de 6SA. Hallucinant. Elle m’explique, les échos, les trimestres, la déclaration. Je note sans trop savoir. Et depuis, j’attends.
Quelques nausées me font dire que tout va encore bien peut-être. Je suis + fatiguée, je me couche + tôt. Sinon, peu de symptômes. Des seins un peu douloureux mais avec l’utro, cela a toujours été le cas pour moi. Ils ne sont pas vraiment + gros, ou alors peut-être légèrement. Je suis inquiète bien sûr. Une grossesse a mon âge, c’est risqué, dangereux et ce n’est pas de tout repos… mais c’est pas comme si je ne le savais pas depuis le début. Et puis, parfois je me dis que tout peut s’arrêter, d’un coup, définitivement. Je lis les échecs le cœur fendu, et je me dis qu’il n’y a pas de raison que pour moi ça marche. Je réunis trop de conditions pour que ça ne fonctionne pas. Je me suis même demandée si on pouvait avoir des nausées sans grossesse, et si j’arrêtais l’utro, le sang viendrait, comme d’habitude.
J’ai encore cette impression que ce n’est pas de moi dont il s’agit dans tout ça. Peut-être parce que je marche à l’aveuglette, sans savoir.

Anabelle, toutes mes pensées vont vers toi aujourd’hui

L’espoir

L’espoir

J’ai fait ma prise de sang hier matin vers 8h. D’habitude j’ai les résultats sur internet à la pause déjeuner. Mais hier à 14h toujours rien. 15h rien non plus. Je commence à m’inquiéter. 16h rien. 16h30 la feuille s’affiche. Je ne vois pas tout de suite le résultat. 891. Pas < 5, pas un petit chiffre. 3 chiffres. J’étais sonnée. Je suis restée les mains sur la bouche abasourdie pendant 5 bonnes minutes. Heureusement que personne n’est entré dans mon bureau à ce moment là.
J’ai envoyé un sms à mon homme pour lui dire. Il était fou de joie.
Je me suis inquiétée tout d’un coup : c’est un taux élevé non ? trop peut-être, si tant est qu’on puisse avoir un taux trop élevé. Je ne sais même pas à quoi correspond ce taux. A combien de semaines cela correspond ?
J’ai envoyé les résultats à la clinique et à mon doc. Ma coordinatrice espagnole est ravie. Il faut que je fasse une échographie sous 10j et que je lui envoie les résultats. Pas de nouvelle de mon doc pour le moment.
Hier soir, j’ai expliqué à mon homme que rien n’était fait, qu’il fallait que le taux grimpe, et que la fausse couche est possible. Il a réalisé que le stress n’avait pas fini de nous habiter.
Alors oui, c’est incroyable. Mais ne me demandez pas d’être heureuse, je suis désolée, je ne peux pas encore. En revanche, j’ai cette drôle d’impression qu’il ne s’agit pas de moi mais que je vis la vie de quelqu’un d’autre. C’est comme si je regardais tout ça avec recul, comme spectatrice.
C’est la première fois qu’on a un +. Jamais de grossesse auparavant, jamais de taux supérieur à 2. Alors, vous qui êtes derrières vos écrans de téléphone ou d’ordinateur, qui vous dites que c’est foutu, qu’après un long parcours, un bébé ce n’est pas pour vous : je veux juste vous dire que c’est possible. Oh, je ne sais pas de quoi demain est fait. Mais c’est possible d’avoir au moins un +. Le don permet ça. Oui.

Edit du 9 mars :
Taux à 2199 aujourd’hui… C’est beaucoup non ?
Pas de nouvelle de mon doc. Je m’inquiète.
Merci à vous toutes. De tout mon cœur. Vous n’imaginez pas à quel point vous lire est précieux. Bises

Transfert

Transfert

Un voyage mi figue mi raisin. Un vol rapide, il fait doux a l’arrivée. Nous rejoignons notre hôtel dans le centre puis allons faire un tour. Rdv le lendemain à 13h à la clinique. Peu de monde. On croise un couple de français, on se sourit. On règle les dernières formalités administratives, je bois 3 verres d’eau, puis nous nous dirigeons vers la zone de transfert. Arrivés dans une chambre, on me demande de me dévêtir complètement et d’enfiler une blouse et des chaussons. On échange encore avec mon homme sur la question de transférer 1 ou 2 embryons. On décidera en fonction de ce que nous dira le docteur. Elle arrive et nous demande de la suivre. Sauf que mon homme ne veut pas venir, il n’aime pas ce genre de chose. Il n’a jamais assisté à aucun transfert pour mes précédentes fiv. Elle nous explique qu’il reste 2 embryons, que les 2 autres ont arrêté d’évoluer. Que c’était dû au zozos de mon homme de trop mauvaise qualité.
Alors je lui en ai voulu : je paye encore pour son laisser aller, son tabagisme, son manque d’effort par rapport à ça. Ok il prend tout un tas de vitamines depuis de nombreuses années, heureusement pour nous, parce que sinon qu’est ce que ce serait !
Mais il fume beaucoup, porte son ordi portable sur ses cuisses lorsqu’il est assis sur le canapé, et ne fait aucun effort pour arrêter tout ça.
J’ai arrêté de fumer il y a quelques années : donc je sais la difficulté que ça représente. Mais je sais aussi tout ce que ça apporte, pour notre santé et pour la vie de nos embryons.
Alors la doc nous dit qu’elle veut transférer les 2. Car parmi les 2, 1 seul est top. L’autre est un peu moins bien.
J’essaie de rester positive malgré ces nouvelles. Le soir, au resto, mon homme commande un verre de vin rouge : j’ai cru que j’allais craquer. Je lui ai dit que si ça marchait, j’allais me sentir bien seule pendant plusieurs mois. Le diner est resté silencieux. Je me demandais même ce que je faisais là.
Merci pour tout vos conseils et votre soutien. Rdv le 7 mars pour connaitre la suite.