Mes merveilles

Mes merveilles

Mes merveilles sont là depuis le dimanche 9 octobre. Oui, mes bébés ont décidé d’arriver plus tôt. Un dimanche tranquille, ensoleillé, qui nous a fait appeler les pompiers vers 14h. Ils sont nés 3h plus tard. Mes deux miracles ont passé une dizaine de jour en néonat parce qu’ils étaient petits et pour les garder sous surveillance. Aujourd’hui ils sont à la maison et j’ai encore du mal à réaliser tout ce bonheur. Je les câline, je les respire, je les regarde sans arrêt. Ils sont sages comme tout et je n’aurai jamais imaginé pouvoir aimer autant. Je pense bien à vous et je vous embrasse bien fort ❤ .

 

Le Saint Graal

Le Saint Graal

Je viens vous donner quelques nouvelles. Un peu en vrac, désolée. J’espère que vous comprendrez.
Le début de grossesse a été classique. Les premières semaines, je n’ai rien senti, ni ressenti. J’avais du mal à croire que cette fiv ait fonctionné. J’ai ensuite eu quelques nausées, un odorat surdéveloppé, mais juste 2 ou 3 vomissements. J’ai du arrêté le café que je ne pouvais plus « sentir ». J’ai dévoré tomates, crudités et fruits en quantités astronomiques. Et des olives par kilo. La grossesse se passe très bien. Pas de problème, rien. Les analyses de sang et d’urine faites chaque mois sont nickelles. J’ai pris du ventre seulement. J’en suis à 7 kg pour le 7e mois. Le doc me dit que c’est parfait. Est-ce que je vous ai dit que j’attendais un garçon et une fille ? Oui, c’est le bonheur. Enfin, ça ressemble au bonheur.
Parce qu’en fait ça ne va pas. Pas du coté des bébés. Non, ils vont bien, comme je le disais. Mais du coté de mon couple.

Depuis le début de la grossesse, je ne me sens pas soutenue, aidée et aimée. J’ai l’impression qu’il ne les veut pas ces enfants. Il m’avait promis d’arrêter de fumer si ça fonctionnait. Non, même pas essayé. Je le saoule dès que je fais une remarque : certaines odeurs m’insupportent, je le saoule. Je fais une fixette dit-il. Il ne m’a pas fêté mon anniversaire. Juste un sms : « Bon anniversaire. Bisous ». Pas de cadeau, pas de resto, rien. Dire que j’en ai fait des tonnes pour lui en janvier. Notre anniversaire de rencontre non plus est passé à la trappe. Idem, juste « Bon anniversaire ».
Je sais qu’une grossesse vient bouleverser la vie d’un homme. Fini de larver. Fini d’être la priorité. Lorsque je lui ai dit que peut-être on transformera son bureau pour en faire une 2è chambre pour les enfants cet hiver, il n’a pas accepté. Incroyable. Je suis sortie de mes gonds. Trop c’est trop. Je lui ai dit que mes petits bouts étaient ma priorité dorénavant. Cet appart, j’en ai la moitié tout comme lui !
C’est peu de choses me direz-vous. Des crises de femme enceinte, pleine d’hormones et hypersensible. Les sms que j’ai trouvé sur son téléphone hier matin ne sont pas de la sensiblerie non. Des échanges avec une fille de 21 ans (je rappelle qu’il a 45 ans) : je vous passerai les détails. C’était très chaud, sexuellement parlant j’entends.
J’entendais mon coeur battre à mille à l’heure. Le silence. Et mon coeur qui cognait fort. J’ai cru m’évanouir. Quand il s’est levé, je lui en ai parlé. Il m’a dit : « d’accord, j’ai encore le mauvais rôle ». Que c’est normal vue la situation. Qu’il se sentait délaissé. Que c’est que du virtuel, même s’il connait cette fille. Que rien ne s’est pas passé en vrai. J’étais démolie.
J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. J’avais du mal à croire que ça m’arrivait. A moi. Enceinte. Avec un ventre énorme. Je suis sortie l’après-midi prendre l’air.
Aujourd’hui il s’est excusé. Il m’a dit « j’ai déconné grave, je veux faire en sorte que ça fonctionne ». Il y a quelques semaines, j’avais essayé de lui parler, de savoir pourquoi il était si mal. Est-ce qu’il en avait marre ? Il m’a dit qu’il ne savait pas s’il voulait continuer avec moi. Aujourd’hui, alors que j’ai trouvé ces sms, il veut rester. Pourquoi ?
Je suis anéantie. Je ne sais pas quoi faire. On est dans cet appart depuis janvier. Faut-il déjà vendre ? Prendre un appart plus petit ? me retrouver toute seule avec mes deux loulous ? Pauvres bébés qui n’ont rien demandé. Mais ai-je le choix ? Rester ? Ne plus avoir confiance mais rester quand même pour les enfants ? Ou essayer de reconstruire quelque chose ? Mais est-ce que je peux ? il veut qu’on prenne quelques jours de vacances pour en parler et reconstruire quelque chose. Mais je ne vois que ces sms qui défilent sous mes yeux, sans cesse. Je ne fais que pleurer.
Est-ce qu’il se rend compte de la situation et de tout ce qu’il va perdre ?  Peut-être que c’est ça qu’il réalise : vendre l’appart, se retrouver à devoir payer une pension pour 2 enfants… des conséquences lourdes.
Quand je lis vos posts, que je vois vos difficultés à avoir cet enfant si désiré, je suis si peinée mais si pleine d’envie devant vos hommes si aimants, si doux, si attentionnés. C’est tellement important de se sentir aimé, surtout dans nos parcours difficiles.
Moi qui croyais avoir presque atteint le Graal…

L’attente

L’attente

Presque 3 semaines déjà depuis les résultats. 3 prises de sang positives. Puis j’ai arrêté d’en faire. Le Professeur qui me suit m’a dit de prendre contact avec un gynéco : vous n’êtes plus en PMA maintenant, vous devez être suivie pour votre grossesse. Je mets quelques instants à comprendre. Je suis perdue. Tous mes repères, c’est en pma que je les ai ! Je n’y comprends rien moi à la grossesse.
Je prends quelques jours pour trouver un médecin. Après de nombreuses recherches, j’appelle le secrétariat du chef de l’obstétrique. C’est un ponte, un spécialiste des grossesses à risque. Je décide de prendre rdv en consultation privée : + chère mais surtout + rapide. Rdv pris pour le 30 mars. Sa secrétaire me dit que j’en suis déjà à près de 6SA. Hallucinant. Elle m’explique, les échos, les trimestres, la déclaration. Je note sans trop savoir. Et depuis, j’attends.
Quelques nausées me font dire que tout va encore bien peut-être. Je suis + fatiguée, je me couche + tôt. Sinon, peu de symptômes. Des seins un peu douloureux mais avec l’utro, cela a toujours été le cas pour moi. Ils ne sont pas vraiment + gros, ou alors peut-être légèrement. Je suis inquiète bien sûr. Une grossesse a mon âge, c’est risqué, dangereux et ce n’est pas de tout repos… mais c’est pas comme si je ne le savais pas depuis le début. Et puis, parfois je me dis que tout peut s’arrêter, d’un coup, définitivement. Je lis les échecs le cœur fendu, et je me dis qu’il n’y a pas de raison que pour moi ça marche. Je réunis trop de conditions pour que ça ne fonctionne pas. Je me suis même demandée si on pouvait avoir des nausées sans grossesse, et si j’arrêtais l’utro, le sang viendrait, comme d’habitude.
J’ai encore cette impression que ce n’est pas de moi dont il s’agit dans tout ça. Peut-être parce que je marche à l’aveuglette, sans savoir.

Anabelle, toutes mes pensées vont vers toi aujourd’hui

L’espoir

L’espoir

J’ai fait ma prise de sang hier matin vers 8h. D’habitude j’ai les résultats sur internet à la pause déjeuner. Mais hier à 14h toujours rien. 15h rien non plus. Je commence à m’inquiéter. 16h rien. 16h30 la feuille s’affiche. Je ne vois pas tout de suite le résultat. 891. Pas < 5, pas un petit chiffre. 3 chiffres. J’étais sonnée. Je suis restée les mains sur la bouche abasourdie pendant 5 bonnes minutes. Heureusement que personne n’est entré dans mon bureau à ce moment là.
J’ai envoyé un sms à mon homme pour lui dire. Il était fou de joie.
Je me suis inquiétée tout d’un coup : c’est un taux élevé non ? trop peut-être, si tant est qu’on puisse avoir un taux trop élevé. Je ne sais même pas à quoi correspond ce taux. A combien de semaines cela correspond ?
J’ai envoyé les résultats à la clinique et à mon doc. Ma coordinatrice espagnole est ravie. Il faut que je fasse une échographie sous 10j et que je lui envoie les résultats. Pas de nouvelle de mon doc pour le moment.
Hier soir, j’ai expliqué à mon homme que rien n’était fait, qu’il fallait que le taux grimpe, et que la fausse couche est possible. Il a réalisé que le stress n’avait pas fini de nous habiter.
Alors oui, c’est incroyable. Mais ne me demandez pas d’être heureuse, je suis désolée, je ne peux pas encore. En revanche, j’ai cette drôle d’impression qu’il ne s’agit pas de moi mais que je vis la vie de quelqu’un d’autre. C’est comme si je regardais tout ça avec recul, comme spectatrice.
C’est la première fois qu’on a un +. Jamais de grossesse auparavant, jamais de taux supérieur à 2. Alors, vous qui êtes derrières vos écrans de téléphone ou d’ordinateur, qui vous dites que c’est foutu, qu’après un long parcours, un bébé ce n’est pas pour vous : je veux juste vous dire que c’est possible. Oh, je ne sais pas de quoi demain est fait. Mais c’est possible d’avoir au moins un +. Le don permet ça. Oui.

Edit du 9 mars :
Taux à 2199 aujourd’hui… C’est beaucoup non ?
Pas de nouvelle de mon doc. Je m’inquiète.
Merci à vous toutes. De tout mon cœur. Vous n’imaginez pas à quel point vous lire est précieux. Bises

Transfert

Transfert

Un voyage mi figue mi raisin. Un vol rapide, il fait doux a l’arrivée. Nous rejoignons notre hôtel dans le centre puis allons faire un tour. Rdv le lendemain à 13h à la clinique. Peu de monde. On croise un couple de français, on se sourit. On règle les dernières formalités administratives, je bois 3 verres d’eau, puis nous nous dirigeons vers la zone de transfert. Arrivés dans une chambre, on me demande de me dévêtir complètement et d’enfiler une blouse et des chaussons. On échange encore avec mon homme sur la question de transférer 1 ou 2 embryons. On décidera en fonction de ce que nous dira le docteur. Elle arrive et nous demande de la suivre. Sauf que mon homme ne veut pas venir, il n’aime pas ce genre de chose. Il n’a jamais assisté à aucun transfert pour mes précédentes fiv. Elle nous explique qu’il reste 2 embryons, que les 2 autres ont arrêté d’évoluer. Que c’était dû au zozos de mon homme de trop mauvaise qualité.
Alors je lui en ai voulu : je paye encore pour son laisser aller, son tabagisme, son manque d’effort par rapport à ça. Ok il prend tout un tas de vitamines depuis de nombreuses années, heureusement pour nous, parce que sinon qu’est ce que ce serait !
Mais il fume beaucoup, porte son ordi portable sur ses cuisses lorsqu’il est assis sur le canapé, et ne fait aucun effort pour arrêter tout ça.
J’ai arrêté de fumer il y a quelques années : donc je sais la difficulté que ça représente. Mais je sais aussi tout ce que ça apporte, pour notre santé et pour la vie de nos embryons.
Alors la doc nous dit qu’elle veut transférer les 2. Car parmi les 2, 1 seul est top. L’autre est un peu moins bien.
J’essaie de rester positive malgré ces nouvelles. Le soir, au resto, mon homme commande un verre de vin rouge : j’ai cru que j’allais craquer. Je lui ai dit que si ça marchait, j’allais me sentir bien seule pendant plusieurs mois. Le diner est resté silencieux. Je me demandais même ce que je faisais là.
Merci pour tout vos conseils et votre soutien. Rdv le 7 mars pour connaitre la suite.

Help ! 1 ou 2 ?

Help ! 1 ou 2 ?

Je ne sais pas à quel moment la ponction de la donneuse a eu lieu. Impossible d’avoir des infos sur elle. Age, taille, poids, groupe sanguin, étudiante, déjà mère, c’est secret chez Iv*. On m’a juste dit qu’elle était choisie en fonction de mes caractéristiques physiques et que je ne pourrai connaître son âge et groupe sanguin qu’en cas de test de grossesse positif.
Concernant les ovocytes, la clinique en garantie minimum 8.
J’avais donné des photos de moi datant de cette année mais j’ai aussi donné des photos plus vieilles, ou justement j’étais plus jeune. C’est important pour moi.
C’est difficile de se dire que cet enfant n’aura pas mes mains longues et fines, mes grands yeux et ma santé de fer. Il n’aura pas mes gènes. Je dois avouer que c’est dur de l’accepter. D’accepter que je ne saurai jamais à quoi ressemble un enfant né du mélange de mon homme et moi. Que je ne laisserai pas un peu de moi sur cette terre…
C’est surement bête pour beaucoup, mais j’aimerais qu’il me ressemble cet enfant : je ne sais pas comment l’expliquer… c’est un peu comme s’il aura un peu de moi malgré tout, mélangé à beaucoup de mon chéri.
Le don, ça fait longtemps qu’on y pense. Vu notre âge c’était obligé. J’ai beaucoup beaucoup réfléchi au don. Et puis j’ai réfléchi à une vie sans enfant. Et je me suis dit que non : je préférais une vie avec enfant. Peu importe qu’il ait mes gênes ou non.

Nous partons mardi et rentrons jeudi. Un voyage plutôt rapide. En avion, contrairement à ce que nous avions prévu d’abord. Nous sommes tous les 2 trop fatigués pour nous balader. Mon homme a fait l’aller retour dans la journée de vendredi. Résultat samedi : 13 ovocytes, 4 embryons. J’avais une peur dingue. Mon homme aussi, il était tout tremblant. J’étais étonnée de le voir dans cet état alors qu’il ne manifestait que peu d’intérêt à tout ça. Il était content et tout chamboulé, ça m’a rassuré.
Le transfert devrait avoir lieu mercredi. Je ne sais pas s’il faut que je demande le transfert d’1 ou 2 embryons. Je suis perdue, encore. Qu’en pensez-vous ? Impossible d’obtenir un rdv chez mon Professeur S., pas de place. J’ai peur de l’échec, peur d’avoir des jumeaux vu mon âge, peur de me dire que j’aurai probablement plus de chance avec 2. Je pense à tout et son contraire. J’aurai l’avis du médecin là bas bien sûr, mais bon… vous savez ce que je pense de cette clinique, même si elle a bonne réputation.
Qu’est ce qui pourrait faire pencher la balance d’après vous ? l’âge de la donneuse ? mes résultats d’analyses ? Et vous, quel choix avez-vous fait ? Quel choix feriez vous ? Quel choix comptez-vous faire ? Help !

Perdue

Perdue

Je n’ai pas beaucoup de temps en ce moment : un déménagement, beaucoup d’absents au boulot donc beaucoup de travail.
Je suis épuisée aussi. Un appart à rendre, à nettoyer de fond en combles, des meubles et de l’électroménager à vendre.
Suis encore dans les cartons dans le nouvel appart… Ajouter à tout ça, courses, repas, ménage, repassage.
Bref, trop de choses en trop peu de temps. Mon homme ne suis pas. Je gère tout, tout le temps, et là j’en ai marre.
Le transfert approche à grands pas (fin du mois). Nous aurons la date la semaine prochaine. Je suis sensée partir la semaine prochaine avec mon homme et rester pour le transfert la semaine suivante mais je ne sais pas comment faire avec le boulot.
Prendre une semaine c’est déjà beaucoup, alors 1 semaine et demi.
Je me demande même parfois s’il faut que j’y aille. Comment gérer un enfant avec un homme qui est lui même un enfant ? Je pleure beaucoup. Suis totalement flippée. Est-ce que je fais bien d’y aller ? Peur de ne pas m’en sortir, tenter de ressouder un couple qui va mal. Je ne sais pas, je ne sais plus. Je ne sais pas pourquoi mon couple va mal. Est-ce que c’est à cause de toutes ces années de galères ? est-ce que c’est juste nous ? Et si ça va encore mal après ? Et si ça ne marche pas ? Est-ce que je ne vais pas le regretter ?
Au secours, j’ai la tête pleine. Claquée. Flippée. J’ai peur de tout.
Je n’ai même plus le temps de vous lire. 73 articles à lire, c’est dire.
Coté traitement j’ai eu ma piqure de décapeptyl 3mg le 26 janvier et je prends 2mg de Provames matin et soir depuis vendredi. Rien d’autre pour le moment.
A prévoir, 4 jours avant le transfert, 400 mg de progestérone matin et soir. Prochaine écho et pds lundi prochain.
Voilà en vrac mon état d’esprit. Je reconnais que ça fait beaucoup pour une seule personne. Evidemment, comme beaucoup d’entre nous, toutes les interrogations les plus profondes remontent à la surface.