Feliz cumpleaños

Feliz cumpleaños

Mes merveilles ont eu un an. Ce sont des bébés formidables : beaux, vifs, curieux, rieurs, farceurs, drôles, gourmands, câlins. Que dire d’autre : ils sont surement comme beaucoup de bébés. Ma fille adore être debout : elle m’accompagne à la baignoire quand je donne le bain à son frère. Elle se tient à la baignoire et nous regarde faire en poussant des petits cris de joie. Elle adore faire des bisous. Mais c’est une casse cou, surement parce qu’en ce moment elle veut rester debout et qu’elle escalade tout et n’importe quoi. Mon fils est plus cool. Il la regarde faire en riant. Il teste la position debout aussi. Il a un tempérament plus sensible me semble-t-il. Il aime les câlins et adore poser sa tête sur mon épaule pendant de longs moments.
Je trouve qu’ils ne font pas un an : surement parce qu’ils sont préma. Je trouve qu’il leur manque ce mois et demi pour faire vraiment 1 an. Je les trouve encore si petits !
Ils sont à la crèche depuis fin aout et ils se sont bien adaptés. Toutes les filles les apprécient et me disent qu’ils ne sont pas difficiles et qu’ils sont même plutôt cool. Ça me fait plaisir.
Je n’ai pas fait de grande fête, de gâteau, d’invitations : je me traine une crève depuis quelques temps et je suis allée voir le médecin. Quand je suis rentrée dans son cabinet et qu’il m’a demandé ce qui m’amenait, je me suis écroulée en larmes. Je lui ai dit que j’étais malade depuis un moment mais il m’a répondu que j’avais l’air surtout très fatigué. Bronchite aigue et tension à 9. Il m’a donné un traitement et m’a arrêté quelques jours.
J’en ai profité pour aller acheter quelques ballons à gonfler pour décorer le salon et des cadeaux pour mes bébés. Une petite déco rapide qui a marqué le coup. Leur père était là en fin de journée. Je ne lui ai pas dit que j’étais allée voir le médecin ni que j’étais arrêtée. Il a semblé étonné de ma petite fête improvisée. Il ne leur a même pas acheté un petit quelque chose, rien, pas un petit cadeau. Quel minable ce mec.
Mes bébés sont malades aussi : oh rien de bien méchant, mais un rhume qui s’éternise, une toux persistante, qui nous ont empêché de les vacciner il y a quelques jours. Ils ont un traitement de cheval les pauvres anges : chambre d’inhalation, spray dans le nez, dans l’oreille… Je leur ai dit que j’espérais qu’on ferait une belle fête l’an prochain, que tout ira mieux pour nous, qu’on sera enfin pleinement heureux. Je les aime tellement mes merveilles.
Feliz cumpleaños, c’est un clin d’œil que je fais à cette jeune fille (espagnol ?) qui m’a donnée un peu d’elle. Je lui dois ce grand bonheur d’être la maman de deux beaux bébés aujourd’hui. J’espère de tout mon cœur qu’elle est heureuse aussi.

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News

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Depuis son départ, je suis seule avec les bébés. Enfin, pas vraiment puisqu’il me fait régulièrement la « belle » surprise d’aller les chercher à la crèche presque sans me prévenir : par exemple, il est tout près de la crèche et me laisse un message pour me dire qu’il va les chercher. Évidemment, même si je ne suis pas d’accord, il le fait. Je n’ai pas le choix… Sinon, il veut les voir tous les soirs, donc il vient à l’appart en fin de journée, vers 18h. Il joue avec eux puis s’en va avant les bains. Il ne faudrait pas que les bébés le fatiguent ! Le mercredi, il vient plus tôt, vers 17h après le gouter. Le week-end idem. Marre de le voir tout le temps. Marre de le voir chez moi.
Pas de nouvelle de son avocate. Je trouve ça curieux. Lorsque je lui demande ce qu’il veut, il ne répond pas ou il me dit que de toute façon, je ne serai pas d’accord. Alors j’ai pris une avocate, pour que ça avance.
J’ai eu un premier rdv : douloureux, comme d’habitude car il faut tout raconter, encore et encore. Elle ne comprend pas pourquoi je n’ai pas de nouvelle de son avocate à lui. Elle me dit que soit nous trouvons une solution amiable et ça peut aller très vite, en quelques jours ou quelques semaines (le juge valide en règle générale ensuite sans problème). Soit nous ne trouvons pas d’accord, auquel cas, cela prendra 6 mois. Il faut régler le droit de visite et la vente de l’appartement. J’aimerai le reprendre à mon nom, je ne sais pas si ce sera faisable. Augmenter la durée, les mensualités… peut-être qu’avec une pension alimentaire ce sera possible.
Mon avocate a écrit à la sienne en début de semaine pour lui demander ce qu’il souhaite, j’attends des nouvelles.
Il m’a posé la question l’autre jour des vacances de la Toussaint : je lui ai dit que je prendrai une semaine de vacances. Il m’a dit vouloir les avoir : je lui ai dit que ça ne me posait pas de problème, qu’il les prendrait le matin et me les ramènerait le soir. Il n’est pas d’accord, il veut les avoir une semaine complète. Je lui ai dit que non, qu’il ne les avait jamais gardé la nuit et qu’en +, les bébés ne connaissent pas son appart. Ils ont besoin de stabilité ces bébés, de sérénité, d’être rassurés surtout en ce moment. Il m’a dit avec un sourire en coin : « on verra ». J’en ai parlé à mon avocate qui m’a dit de lui faire un mail « officiel » à ce sujet et de lui proposer également un week-end sur deux à la journée. Mais je préfère attendre de savoir ce qu’il veut avant de lui faire un mail et de m’engager.
Mon avocate a croisé la sienne l’autre jour au Palais : apparemment il veut les bébés un w-e sur 2, la moitié des vacances scolaires et les récupérer à la crèche le soir. Je lui ai dit que c’était non pour tout : non pour les nuits, non pour la crèche.
J’ai bien peur que nous ne parvenions pas à trouver un accord en effet.
Ok pour qu’il prenne les enfants en journée mais pas la nuit. Il a toujours refusé de s’occuper d’eux la nuit, me laissant gérer toutes les nuits depuis leur naissance.
Je me souviens des bébés ayant quelques semaines qu’il fallait nourrir toutes les 3h car trop petits : je m’étais levée à 3h pour ma fille et à 5h, quand mon fils s’est réveillé, je lui ai demandé de se lever : il m’a répondu « c’est inhumain ce que tu me demandes ». Je l’avais alors « poussé », écœurée par cet homme, pour aller donner moi même un biberon à mon fils. Ce sont parmi des moments que je n’oublierai jamais. Je ne lâcherai pas la dessus : au delà de toute la rancœur que j’ai, c’est de l’intérêt des bébés dont il s’agit ici. Il ne les a jamais entendu la nuit, et ne sais pas s’en occuper.

Je ne comprends pas non plus l’intérêt d’aller les chercher à la crèche, pour ensuite les emmener chez lui pendant 1/2 heure, pour qu’ensuite je vienne les chercher pour les emmener chez moi ? Je ne souhaite pas que les bébés soient ballotés comme ça, surtout avec l’hiver qui arrive : ce ne sont pas des paquets mais des nourrissons, qui sont épuisés après la crèche et se couchent plus tôt depuis qu’ils y sont tellement ils sont fatigués. Ils ont besoin de retrouver leur cocon familial, leur repère et du repos.

N’oublions pas qu’il a fait le choix de partir et que depuis il ne fait rien pour les enfants : ni soins, ni courses (alors que je n’ai plus de voiture et que les packs d’eau et les paquets de couches sont très lourds), rien.

Je suis furieuse, et ne lâcherai pas sur ces points.

Je trouve ça dommage qu’il ait tout gâché. Gâché cette famille. Ça fait longtemps que ça va mal entre nous. Je pensais bêtement que les bébés allaient tout arranger. Cela a été pire. Une grossesse difficile moralement où je n’ai senti aucun soutien, aucun amour, il ne voulait même plus rester, il m’a trompé. Heureusement que physiquement ça allait bien. Puis l’arrivée des bébés, et je me suis retrouvée à tout gérer, aucun partage. Puis cet été ou ça a été catastrophique. Bref, beaucoup de regrets, c’est probablement la plus grosse erreur de ma vie. Les bébés auraient mérité un vrai père, pas ce type immature, et d’une certaine manière un peu bête. C’est aussi de ma faute, j’aurais du partir avant. J’ai laissé trainé. Ce n’est pas la faute à pas de chance, non c’est en grande partie ma faute. J’ai cru a une histoire qui n’existe pas.

Je me demande parfois si je n’ai pas rêvé tout ça. Comment j’ai pu être avec cet homme ? J’ai compris qu’il n’avait pas le sens du « sacré » : pas dans le sens religieux du terme mais plutôt dans l’importance des choses.  Je me dis qu’il faut que je fasse une liste des choses écœurantes qu’il a pu faire, pour les avoir en mémoire ici et les relire parfois quand me vient un élan de générosité à son égard :
– ne pas m’aider quand j’avais la nausée pendant ma grossesse (notamment quand j’ai renversé mon bol de soupe par terre en le sortant du micro ondes, j’ai tout nettoyé en larme)
– ne pas m’aider tout court pendant ma grossesse : j’ai continué à conduire, à faire les courses, et le ménage (même si parfois nous avions quelqu’un pour le faire)
– me laisser me promener seule le soir en été : enceinte, j’avais besoin de marcher. Comme il faisait meilleur le soir, j’allais me balader après le repas : mais comme il préférait rester devant la télé, j’y allais seule (parfois jusqu’à 22h).
– échanger des sms « chauds » avec une ancienne élève alors que j’étais enceinte jusqu’au dents et lui écrire « tendres baisers » quelques jours (ou la veille, je ne me souviens plus) de mon accouchement
– aller reconnaitre les bébés à la mairie en juillet en douce, sans me le dire
– me dire que j’ai mauvaise haleine pendant mon accouchement parce que je n’avais pas eu le temps de me brosser les dents après le petit déj, que j’avais donc la bouche pateuse et que je n’avais pas le droit de boire ni manger en salle d’accouchement
– faire des photos des bébés en néonat et les retrouver au milieu des photos de cul sur son téléphone
– me demander le remboursement de la moitié du Quick que nous avons acheté lorsque nous avons passé la nuit à l’hôpital en néonat avant de ramener les bébés à la maison
– me dire que, comme il a payé les vitamines des bébés de sa poche, il déduira la moitié du montant sur notre compte commun (quand on sait qu’un flacon de ZymaD coute 2 ou 3 euros)
– refuser d’aller faire quelques courses pour nous ou même pour les bébés (quand on sait qu’il y a un biocoop collé à son bahut)
– jamais se réveiller la nuit pour s’occuper des bébés
– mieux encore, faire la grasse mat le mercredi, le week-end et les vacances, alors que je suis épuisée, que j’ai très peu dormi et que je suis levée depuis l’aube : je me souviens lui avoir dis alors qu’il se réveillait à 11h « ce n’est pas trop tôt 11h ? »
– un matin, quand les bébés dormaient encore dans notre chambre, et que je m’occupais de changer mon fils, j’entendais ma fille pleurer. Il dormait encore et ne l’entendait pas. J’ai crié un moment pour qu’il me la ramène. Il s’est levé, l’a posé dans un transat dans un coin du salon, et est reparti se coucher : j’avais trop de peine pour ma fille et je lui ai dit que ce n’était pas un paquet mais sa fille et qu’elle méritait plus d’attention.
– un soir vers 19h/20h, mon fils pleurait car il avait faim : normal c’était l’heure de son biberon. Il m’a dit : j’ai faim moi aussi, je vais d’abord manger avant de lui donner un biberon. J’avais halluciné et donné un biberon à mon bébé
– lors de son dépôt de plainte, dire à la flic que nos bébés sont issus d’un don d’ovocyte et de son sperme comme pour dire ce sont les miens, pas les siens à elle (ça avait beaucoup choqué la flic)

 

 

Glauquitude

Glauquitude

Je me suis retrouvée dans un tout petit bureau de commissariat, face à une femme. Un agent, homme, était également présent. J’avais les bébés avec moi, pas le choix. Elle m’explique les faits :
– il dit que vous l’avez frappé fort après une engueulade
– non, je ne l’ai pas frappé fort, je lui ai mis une tape dans le dos
– il dit que vous l’avez menacé
– oui, je lui ai dit que si j’avais été un mec, je lui aurais pété la gueule.
Elle a ri, et m’a dit : je comprends. Je lui ai dit que j’assumais et s’il fallait le répéter, je lui dirais encore.
– Il dit que ce n’est pas la première fois, que cet hiver vous dormiez ensemble et vous l’avez frappé dans les jambes.
– N’importe quoi, les bébés dormaient dans notre chambre à l’époque, et comme il ronflait fort et que j’avais peur qu’il réveille les bébés, je lui ai mis des coups dans les jambes pour qu’il arrête.
– Il y a autre chose : il a apporté des enregistrements, 5 mp3 qu’il nous apporté sur une clé usb.
– Comment ? Mais pour quoi faire ? qu’est ce que c’est que ces enregistrements ?
– Des scènes de la vie quotidienne : une engueulade où vous lui dites encore que si vous aviez été un mec vous lui péteriez la gueule, des enregistrements avec les enfants. On entend pas grand chose à vrai dire. Et puis je vous avoue que je trouve ça…
– Glauque oui ! il a perdu la tête ! Mais qu’est ce qu’il me veut ? pourquoi il fait ça ? pour me nuire ?

Elle n’a pas su me répondre, elle m’a dit que c’était de toute façon pas recevables comme éléments et qu’elle ne les retiendrait pas au dossier. Je lui ai raconté mon histoire, elle m’a dit qu’elle comprenait et qu’elle ne voyait rien contre moi. Que l’affaire serait probablement classée. Elle m’a annoncé qu’il avait en effet avoué avoir des photos porno sur son ordi et son téléphone.
Je lui ai dit qu’il en avait oui et que j’avais découvert des photos de jeunes femmes nues sur son téléphone, en octobre, quand les bébés étaient en néonat. Que c’était choquant de trouver des photos de nos bébés au milieu de ces photos écœurantes. Que je lui avais dit qu’elles étaient très jeunes, et que ça pouvait être nos nièces de 20 ans ces filles ! Elle m’a demandé si elles étaient mineurs : je lui ai dit que je ne savais pas, que je ne pouvais pas mentir, qu’aujourd’hui une gamine de 16 ans en parait 20. Qu’elles pouvaient être mineurs mais peut-être pas. Elle m’a dit que les hommes avaient le droit « d’avoir une passion » pour le porno, que ce n’était pas un délit. Je lui ai dit que ce qui était choquant, c’est qu’il est enseignant au collège, que ce n’était pas normal d’échanger des sms torrides avec une ancienne élève, et que des photos, il y en avait des centaines. Elle m’a conseillé de prendre rdv avec l’assistante sociale du commissariat.
L’après-midi même, elle me rappelait pour me dire que l’affaire était classée sans suite, qu’il fallait que nous calmions : je lui ai dit qu’il était parti, mais qu’il avait les clés et qu’il pouvait venir quand il veut et que j’avais peur. Elle m’a répondu qu’il était chez lui et qu’il avait donc le droit.

J’ai rencontré l’assistante sociale du commissariat : rdv difficile car il a fallu que je raconte tout à nouveau. Elle a été très dure envers lui :
– c’est un salopard ce type. Il se pose en victime alors que c’est lui le responsable. C’est plus facile de passer pour une victime auprès de son entourage que de ne pas assumer sa paternité. C’est plus facile de dire aux autres « je suis parti car elle me faisait du mal », plutôt que « je suis parti car je ne veux pas gérer les enfants ».  Et puis ce n’est pas normal que son élève ait son numéro de tél. Jamais un enseignant ne donne son numéro perso. Elle m’a conseillé de prendre un avocat, de porter plainte contre lui pour ces enregistrements, d’aller voir mon généraliste pour faire constater cette violence morale, cette perte de poids, et peut-être même avoir des itt psychologiques. Elle m’a dit que les itt étaient très importantes pour le juge.

J’ai donc porter plainte : enfin non, je n’ai pas pu car comme il n’avait pas diffusé ces enregistrements, qu’il ne les avait fourni qu’à la police, il n’y avait pas de délit. Je ne pouvais donc que déposer une main courante. C’est ce que j’ai fait.
Je vais essayer d’aller voir mon médecin demain. Ce sont autant de documents qui me serviront auprès du juge.
Je le vois tous les jours car il veut voir les enfants. Je lui les laisse 1h ou 2 pour une balade, pas le choix. Je lui ai demandé ce qu’il comptait faire avec les enfants : il m’a dit qu’il voyait son avocate la semaine prochaine et qu’il en saurait plus. J’ai voulu prendre un avocat : celle que j’ai appelé, spécialiste en droit de la famille, prenait 250 euros de l’heure. Ca m’a calmé. Je vais voir ce qu’il demande et j’aviserai : je prendrai alors ou non un avocat.
Il est venu avec sa mère l’autre jour : c’est une vieille dame de plus de 85 ans avec qui je m’entendais plutôt bien. Je lui ai demandé si elle était au courant pour sa plainte : elle m’a dit que ça ne la regardait pas. Et pour les enregistrements ? elle ne semblait pas au courant mais m’a répété que ça ne la regardait pas. Je lui ai dit que ça la regardait, qu’il s’agissait de son fils, que c’était de sa responsabilité de mère, que si elle et sa soeur ne prenaient pas leurs responsabilités, elles en tireraient les conséquences. J’ai ajouté que dorénavant je ne voulais plus entendre parler d’elle.

J’ai l’impression de vivre un cauchemar. Je pense qu’il ne demandera pas la garde des enfants, mais je n’imagine même pas lui laisser les bébés plus de 2h pour une balade. Je ne vois pas comment il peut les gérer : il est instable mentalement, immature, porno addict, parano, et ne s’est jamais préoccupé du bien être et de l’intérêt des enfants, jamais.
Je ne comprends surtout pas ce qu’il me veut : pourquoi faire tout ça aujourd’hui alors qu’il n’a jamais voulu les enfants ? Pour se donner bonne figure comme disait l’assistante sociale.

 

Une tape dans le dos

Une tape dans le dos

Ces 10 mois avec les bébés se sont bien passés. Pas de maladie, pas de souci particulier. Ils vont bien, mangent bien, grandissent bien. Ils sont beaux, et je suis fière et admirative de leurs progrès au quotidien. Déjà plus de 10 mois de bonheur. Bien sur, il y a des jours où tout est difficile, où je cris beaucoup, où ils pleurent beaucoup. Mais on oublie vite. J’ai repris le travail en juin. Je souhaitais prendre un congé parental mais mon homme n’était pas d’accord pour « payer » pour moi. Pas d’asmat, ni de crèche. J’ai donc trouvé une nounou à domicile. Une jeune fille très sympa, qui travaillait en crèche, mais qui est en reconversion pro et donc dispo. Ah oui j’oubliais : rien ne va depuis la naissance des bébés. Non, pas tout à fait : depuis qu’il a repris le travail. Il a décidé de ne plus se lever la nuit quand il travaille : normal, il « travaille » lui ! Mais finalement il ne s’est jamais plus levé la nuit. Ni les week-ends, ni les vacances de Noel, jamais. Une nuit, il s’est couché à 3h du mat, puait la cigarette et m’a donc réveillé : je l’ai viré en lui disant qu’il n’avait pas honte de se coucher aussi tard (il se couche toujours très tard, reste devant la tv et son ordi), qu’il n’avait aucun respect pour moi qui me levait tot. Il est allé dormir dans une autre chambre. J’ai donc décidé de faire chambre à part. Puis quand sa mère est partie en vacances, il est allé dormir chez elle. Il venait quand il voulait voir les enfants, il donnait un biberon ou pas. A la carte. Je m’occupe donc des bébés h24. Pas une minute de répit, personne pour prendre la relève. J’ai perdu énormément de poids, je n’ai que la peau sur les os. Je dors peu aussi forcément. Mon homme m’a usé, abimé. Depuis la grossesse, il n’a aucune pitié, aucune compassion pour moi. Il me voit fondre et ne fait rien. Il ne m’aide pas : ni ménage, ni course, rien. Il est même devenu radin. C’est fou, quand je lui ai demandé un jour de m’acheter des vitamines pour les bébés, il m’a dit texto : j’ai payé, je récupérerai sur notre compte. 2 ou 3 euros le flacon ! Une honte ! Il fait tout moitié moitié. Un jour, je reçois une lettre de son avocate qui me dit de prendre un avocat également pour régler notre séparation. Ca m’a fait un choc ! Je lui ai dit que je ne prendrai pas d’avocat, que je n’avais pas d’argent a dépenser la dedans, que s’il voulait partir, qu’il parte, avec la moitié de tout, l’argent de l’avocat je le garde pour acheter ce qu’il manquera. Il voulait aussi un droit de garde. Pouvoir les récupérer en fin de journée et les ramener chez moi jusqu’à ce que je prenne la relève. Je lui ai dit que ça ne se passait pas comme ça. Chez moi, ce sera chez moi, et il n’y mettra pas les pieds. Que les bébés étaient trop petits pour tout ces chamboulements. Qu’il pourrait les voir de temps en temps en balade. Du coup, il a réfléchi et est revenu en arrière. Finalement il veut bien rester. Mais quelques jours plus tard, rebelote. Rien ne va plus. Je ne peux pas rester avec quelqu’un qui ne fait RIEN. Qui ne m’aide pas, jamais. Qui ne fait ni ménage, ni course, ni repas, ni bain, ni nuit. RIEN. Qui ne m’apporte pas le soutien ni l’affection dont j’ai besoin, dont les enfants ont besoin même ! Il se nourrit de plats surgelés individuels Picard qu’il achète en quantité. Une fois les bébés couchés, j’ai à peine le courage de me faire à manger : j’avale une bricole, une douche et au lit. Suis si épuisée. Il n’a jamais pris la relève dans ces moments là. Préparer quelque chose à manger pendant que je gérais les bains. Non, jamais.
Cet été, j’avais réservé une semaine de vacances dans un club de vacances familial en pension complète dans le sud de la France. Je me suis dit que c’était un bon test, une sorte de dernière chance. Ca a été une catastrophe. La même chose qu’à la maison mais en pire : il ne faisait toujours rien, ne se réveillait pas la nuit non plus (de toute façon ils ne les entend pas les bébés tellement il ronfle), pas de bain, rien. Si ! se baigner un quart d’heure avec l’un ou l’autre des bébés en fin de journée : ça oui. Que les moments plaisir. Je lui ai dit que moi aussi je rêverais de n’avoir que ces moments de plaisir, de bonheur, de joie avec les enfants : pas de crise, pas de larmes. Ce serait chouette. Mais il ne comprend pas : pour lui ça aussi c’est gérer les enfants. Pour l’anecdote, il a même fait tomber ma poupette en vacances : enfin non, je l’ai posé sur son lit à lui, et je lui ai dit de la surveiller 2mn. Il ne l’a pas fait et elle est tombée. J’ai cru mourir. J’ai cru qu’elle allait se casser en mille morceaux ma chérie. Non, elle a pleuré un bon coup, mais ca a été. Même pas fichu de faire attention à sa fille. Du coup, les vacances étaient si désastreuses qu’on est rentré 2j plus tôt. Il est parti dormir chez sa mère qui est pourtant revenue de vacances. Il dort sur le canapé du salon surement. Une après-midi, il y a quelques jours, il m’a dit : ça y est, j’ai pris un appart. Il avait un sourire au lèvres. Tout content de sa décision. Il fait ses cartons en ce moment. Nous allons vendre l’appart. Ou alors je rachète sa part. Je ne sais pas si je vais pouvoir, si j’en ai les moyens. Rallonger le crédit, réduire les mensualités, rembourser son apport. Compliqué. Je regarde aussi les locations. Peu de choix. Je dois me limiter à un secteur précis car mes trésors ont une place en crèche fin aout. Je ne veux pas m’éloigner. J’attends de savoir combien il compte me donner de pension alimentaire aussi. Ca peut m’aider dans mes choix. Mais il dit ne pas y avoir réfléchi encore. Je serre les poings et j’attends. J’essaie de faire bonne figure. Je me dit qu’il ne sera bientôt plus là, que nous allons enfin pouvoir vivre heureux, dans le bonheur, la joie et plus voir sa tête de déprimé tous les jours.
Mais rien ne se passe comme prévu. Lundi après midi, j’écoute un message sur mon portable : allo ici le commissariat, nous avons une plainte qui a été déposé contre vous, merci de prendre contact avec nous au plus vite.

Je me suis tout de suite dit que les voisins se sont plaint car parfois les bébés crient fort. Ils pensent peut-être que je les maltraite ? Il était là, alors je lui demande s’il est au courant. Il me dit oui en hésitant. « Oui c’est moi qui suis allé porter plainte contre toi, car pendant les vacances tu m’as frappé ». Frappé ? Je lui ai mi une tape parce qu’il se moquait encore de mes remarques sur le fait qu’il ne m’aide en rien avec les bébés : il m’avait dit « et blablabla et blablabla, toujours le même refrain ». Alors je lui ai donné une tape dans le dos. Je lui avait même dit que si j’avais été un mec, je lui pétais la gueule. J’étais désemparée, effrayée et furieuse. Je me suis demandée si un jour tout cela allait s’arrêter. Les tromperies, les violences verbales, cette sorte de harcèlement. Je lui ai demandé s’il voulait la guerre. Quand va-t-il s’arrêter ? jusqu’à quand va-t-il me torturer ? Je lui ai dit qu’il n’était pas un connard, non le connard c’est le voisin qui fait tourner son lave linge à 6h du matin. Non, je lui ai dit que lui c’était une ordure, que j’avais honte qu’il soit le père de mes enfants, que j’avais honte d’avoir été avec lui, que je me sentais sale. Une vraie ordure.
J’ai rdv demain matin au commissariat.

Mes merveilles

Mes merveilles

Mes merveilles sont là depuis le dimanche 9 octobre. Oui, mes bébés ont décidé d’arriver plus tôt. Un dimanche tranquille, ensoleillé, qui nous a fait appeler les pompiers vers 14h. Ils sont nés 3h plus tard. Mes deux miracles ont passé une dizaine de jour en néonat parce qu’ils étaient petits et pour les garder sous surveillance. Aujourd’hui ils sont à la maison et j’ai encore du mal à réaliser tout ce bonheur. Je les câline, je les respire, je les regarde sans arrêt. Ils sont sages comme tout et je n’aurai jamais imaginé pouvoir aimer autant. Je pense bien à vous et je vous embrasse bien fort ❤ .

 

Le Saint Graal

Le Saint Graal

Je viens vous donner quelques nouvelles. Un peu en vrac, désolée. J’espère que vous comprendrez.
Le début de grossesse a été classique. Les premières semaines, je n’ai rien senti, ni ressenti. J’avais du mal à croire que cette fiv ait fonctionné. J’ai ensuite eu quelques nausées, un odorat surdéveloppé, mais juste 2 ou 3 vomissements. J’ai du arrêté le café que je ne pouvais plus « sentir ». J’ai dévoré tomates, crudités et fruits en quantités astronomiques. Et des olives par kilo. La grossesse se passe très bien. Pas de problème, rien. Les analyses de sang et d’urine faites chaque mois sont nickelles. J’ai pris du ventre seulement. J’en suis à 7 kg pour le 7e mois. Le doc me dit que c’est parfait. Est-ce que je vous ai dit que j’attendais un garçon et une fille ? Oui, c’est le bonheur. Enfin, ça ressemble au bonheur.
Parce qu’en fait ça ne va pas. Pas du coté des bébés. Non, ils vont bien, comme je le disais. Mais du coté de mon couple.

Depuis le début de la grossesse, je ne me sens pas soutenue, aidée et aimée. J’ai l’impression qu’il ne les veut pas ces enfants. Il m’avait promis d’arrêter de fumer si ça fonctionnait. Non, même pas essayé. Je le saoule dès que je fais une remarque : certaines odeurs m’insupportent, je le saoule. Je fais une fixette dit-il. Il ne m’a pas fêté mon anniversaire. Juste un sms : « Bon anniversaire. Bisous ». Pas de cadeau, pas de resto, rien. Dire que j’en ai fait des tonnes pour lui en janvier. Notre anniversaire de rencontre non plus est passé à la trappe. Idem, juste « Bon anniversaire ».
Je sais qu’une grossesse vient bouleverser la vie d’un homme. Fini de larver. Fini d’être la priorité. Lorsque je lui ai dit que peut-être on transformera son bureau pour en faire une 2è chambre pour les enfants cet hiver, il n’a pas accepté. Incroyable. Je suis sortie de mes gonds. Trop c’est trop. Je lui ai dit que mes petits bouts étaient ma priorité dorénavant. Cet appart, j’en ai la moitié tout comme lui !
C’est peu de choses me direz-vous. Des crises de femme enceinte, pleine d’hormones et hypersensible. Les sms que j’ai trouvé sur son téléphone hier matin ne sont pas de la sensiblerie non. Des échanges avec une fille de 21 ans (je rappelle qu’il a 45 ans) : je vous passerai les détails. C’était très chaud, sexuellement parlant j’entends.
J’entendais mon coeur battre à mille à l’heure. Le silence. Et mon coeur qui cognait fort. J’ai cru m’évanouir. Quand il s’est levé, je lui en ai parlé. Il m’a dit : « d’accord, j’ai encore le mauvais rôle ». Que c’est normal vue la situation. Qu’il se sentait délaissé. Que c’est que du virtuel, même s’il connait cette fille. Que rien ne s’est pas passé en vrai. J’étais démolie.
J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. J’avais du mal à croire que ça m’arrivait. A moi. Enceinte. Avec un ventre énorme. Je suis sortie l’après-midi prendre l’air.
Aujourd’hui il s’est excusé. Il m’a dit « j’ai déconné grave, je veux faire en sorte que ça fonctionne ». Il y a quelques semaines, j’avais essayé de lui parler, de savoir pourquoi il était si mal. Est-ce qu’il en avait marre ? Il m’a dit qu’il ne savait pas s’il voulait continuer avec moi. Aujourd’hui, alors que j’ai trouvé ces sms, il veut rester. Pourquoi ?
Je suis anéantie. Je ne sais pas quoi faire. On est dans cet appart depuis janvier. Faut-il déjà vendre ? Prendre un appart plus petit ? me retrouver toute seule avec mes deux loulous ? Pauvres bébés qui n’ont rien demandé. Mais ai-je le choix ? Rester ? Ne plus avoir confiance mais rester quand même pour les enfants ? Ou essayer de reconstruire quelque chose ? Mais est-ce que je peux ? il veut qu’on prenne quelques jours de vacances pour en parler et reconstruire quelque chose. Mais je ne vois que ces sms qui défilent sous mes yeux, sans cesse. Je ne fais que pleurer.
Est-ce qu’il se rend compte de la situation et de tout ce qu’il va perdre ?  Peut-être que c’est ça qu’il réalise : vendre l’appart, se retrouver à devoir payer une pension pour 2 enfants… des conséquences lourdes.
Quand je lis vos posts, que je vois vos difficultés à avoir cet enfant si désiré, je suis si peinée mais si pleine d’envie devant vos hommes si aimants, si doux, si attentionnés. C’est tellement important de se sentir aimé, surtout dans nos parcours difficiles.
Moi qui croyais avoir presque atteint le Graal…

L’attente

L’attente

Presque 3 semaines déjà depuis les résultats. 3 prises de sang positives. Puis j’ai arrêté d’en faire. Le Professeur qui me suit m’a dit de prendre contact avec un gynéco : vous n’êtes plus en PMA maintenant, vous devez être suivie pour votre grossesse. Je mets quelques instants à comprendre. Je suis perdue. Tous mes repères, c’est en pma que je les ai ! Je n’y comprends rien moi à la grossesse.
Je prends quelques jours pour trouver un médecin. Après de nombreuses recherches, j’appelle le secrétariat du chef de l’obstétrique. C’est un ponte, un spécialiste des grossesses à risque. Je décide de prendre rdv en consultation privée : + chère mais surtout + rapide. Rdv pris pour le 30 mars. Sa secrétaire me dit que j’en suis déjà à près de 6SA. Hallucinant. Elle m’explique, les échos, les trimestres, la déclaration. Je note sans trop savoir. Et depuis, j’attends.
Quelques nausées me font dire que tout va encore bien peut-être. Je suis + fatiguée, je me couche + tôt. Sinon, peu de symptômes. Des seins un peu douloureux mais avec l’utro, cela a toujours été le cas pour moi. Ils ne sont pas vraiment + gros, ou alors peut-être légèrement. Je suis inquiète bien sûr. Une grossesse a mon âge, c’est risqué, dangereux et ce n’est pas de tout repos… mais c’est pas comme si je ne le savais pas depuis le début. Et puis, parfois je me dis que tout peut s’arrêter, d’un coup, définitivement. Je lis les échecs le cœur fendu, et je me dis qu’il n’y a pas de raison que pour moi ça marche. Je réunis trop de conditions pour que ça ne fonctionne pas. Je me suis même demandée si on pouvait avoir des nausées sans grossesse, et si j’arrêtais l’utro, le sang viendrait, comme d’habitude.
J’ai encore cette impression que ce n’est pas de moi dont il s’agit dans tout ça. Peut-être parce que je marche à l’aveuglette, sans savoir.

Anabelle, toutes mes pensées vont vers toi aujourd’hui